lundi 4 juin 2018

Archipel. Angela Detanico & Rafael Lain par Marilou Robert



Musée de l'Abbaye Sainte-Croix - Les Sables d'Olonne - 28 janvier-20 mai 2018


Angela Detanico et Rafael Lain bâtissent nos îlots, nous révélant la puissance évocatrice de l'horizon, ce qui nous rapproche des astres et ce sur quoi le monde repose ; le temps, la rotation. Lors de l'exposition Archipel, le couple nous invite à prendre conscience de l'influence des mouvements astrologiques à travers une mise en espace d'un langage animé et sonore ; avec NEW FIRST FULL LAST, 28 MOONS et LUNA MARIA, les artistes nous renvoient à la face visible, à l'ombre comme à la lumière, ils nous plongent dans l'obscurité, à observer des surfaces s'éclairer puis s'étendre, comme de l'eau. Les mers lunaires évoquent nos marées terrestres ; l'attraction de la lune et du soleil s'exerce sur nos océans, ces masses oscillent, de haut en bas, avec SEA OF LIGHT. L'eau nous compose, compose la terre à 70%, et nos terres se dispersent, en roches plus ou moins étendues ; notre vision se limite à l'horizon, à Flatland. Chaque terre appartient à un temps, à l'instar de l'alphabet cartographique ; DÉRIVE extrait des territoires et les assemble.  Attribuer des lettres, des mots, des phrases, pour tenter de se familiariser avec le monde. L'un des enjeux du langage. Angela Detanico et Rafael convoquent des figures de l'histoire, celles qui ont provoqué des bouleversements, la révolution. D'un état à un autre, ils mettent des images sur des idées abstraites. L'œuvre 365 SOLES comme RÉVOLUTION, représente la théorie de l'héliocentrisme de Copernic. Auparavant, la terre était plate puis elle est devenue ronde : intégrée dans le système terrestre, nous ne ressentons ni sa courbe ni ses mouvements. Mais on peut penser qu'elle ressemble au soleil, à la Lune, aux autres planètes qui échappent au monde du sensible. Alors, prendre nos pas pour des années-lumières c'est situer sa propre place dans l'espace ; quelque part, on peut nous rappeler que nous appartenons à un système qui nous dépasse. Ainsi, depuis nos archipels, nous tentons constamment d'améliorer notre compréhension, de répondre au doute, de s'attribuer une place.


Marilou Robert





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