vendredi 24 octobre 2014

Tenir le pas perdu, Claire Pollet



Lieu : Short - Nantes / http://www.espaceshort.com/
Artiste : Claire Pollet
Dates de l'exposition : 06/09 - 05/10/2014



Tenir le pas perdu

Perplexe, je suis déçue, je m'attendais à une grande exposition, diverse et variée, mais non. Je me retrouve dans une salle de quinze mètres carrés, blanche immaculée où se trouvent trois tables, sur lesquelles sont posées des feuilles recouvertes d'écrits. L'art contemporain à l'état pur. 

Mais voilà comme souvent, cet art est réservé aux personnes curieuses et patientes. Il faut comprendre l'œuvre pour l'apprécier. 
Dans cette petite salle se trouve bien plus que de simples pages posées sur des tables. L'artiste dont il est question s'appelle Claire Pollet. Elle nous présente ici son œuvre intitulée "Tenir le pas perdu". 

Je pense que pour bien comprendre son œuvre et sa démarche, il faut remonter en amont de sa carrière. En effet, il y a quatre ans en 2010, Claire réalise Réserve, une œuvre en trois temps : lecture de livres suivie de leur destruction par immersion, puis enfermement dans un bloc de glace. 
  Or, en réalisant cette œuvre, c'est elle-même qui s'enferme dans un bloc de glace. Elle plonge dans une longue période glaciaire, durant laquelle elle se retrouve dans l'incapacité de créer quoi que ce soit. 

Tenir le pas perdu, est en fait un autoportrait constitué d'emprunts. Elle se délaisse de ses maux en utilisant les mots des autres. On y aperçoit presque une sorte de thérapie, qui lui a permis au fur et à mesure de renouer avec la création artistique.

L'artiste est extrêmement présente. Il y a le battement de son cœur que l'on entend en fond sonore, mais aussi un mécanisme permettant aux pages de tourner sans l'intervention du spectateur. C'est comme si nous étions en elle, dans un cocon. Elle est là, et nous guide au rythme de son cœur et de ses mots. 

Perplexe au début je me retrouve finalement devant une œuvre d'une élégante simplicité qui se suffit à elle même grâce à sa sincérité.



Carrouée Pauline. 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire