lundi 16 mai 2011

Ruben Brulat

Ruben Brulat
Du 3 mars au 30 avril à la galerie Confluence (13 & 14, quai de Versailles, 44000 Nantes).

J’ai découvert Ruben Brulat par son blog, ce qui m’a rendue un peu sceptique vis à vis de son travail. Cet artiste semblait être un énième globe-trotter racontant son voyage. Où se trouve le côté artistique entre photos « documentaires » et « cartes postales » ?
Le choix des photos de la série Primates m’a fait changer d’avis.

Ici, la présence du corps est aussi importante que celle du paysage. En fait, les deux sont complémentaires : La puissance de l’un n’est visible que grâce à l’insignifiance de l’autre.
Petit, fragile, sans visage ni habits, l’artiste gît à même le sol et nous rappelle la vulnérabilité de l’Homme, lorsqu’il est seul face à la nature.


Ce message peut paraître vide et redondant, comme si l’auteur rajoutait d’autres photos dans la masse d’images bien léchées à visée écologique (Yann Arthus Bertrand, Nicolas Hulot …).
Mais ce qui transparaît le plus dans ces images, c’est la solitude.
En effet, Ruben Brulat est encore seul et nu dans  Immaculate . On le voit recroquevillé, sur ce genre d’îlot de lumière que les villes laissent à minuit passé. L’éclairage public se transforme alors en projecteur, l’auteur est sous les feux de la rampe.
Pourtant, pas de paillettes dans cette série, pas de mondanités. Au contraire, la ville que dépeint Brulat est extraordinairement grise et vide.

J’ai de l’affection pour le travail de cet artiste : Il y a du Sempé dans ses clichés. Sur les images de ces deux auteurs, l’Homme n’est qu’une peccadille dans l’architecture. C’est pourtant lui qui a le plus grand rôle : Celui de nous interroger sur notre condition.  Ce que Sempé a fait par l’humour, Brulat le fait par le mystère.

Marianne Le Duc

© Ruben Brulat

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