mardi 29 mars 2011

Ruben Brulat

_ J'pense que la première j'étais trop…trop excité par le truc. J'ai oublié d'appuyer. Après, la deuxième fois je suis allé dans l'eau, et là… j'regardais mes bras, j'les voyais plus, enfin je les sentais plus. C'était vraiment assez magique ! Et … et quand j'ai voulu me relever, j'étais complètement tétanisé au niveau des muscles tout ça. Donc c'était limite. On va dire. C'était limite.
_ C'est toujours tout seul que vous faîtes les photos ? 
_ Ouais
_ C'est le soir, y'a pas de lumière en fait. Y'a juste la, la, le…crépuscule et donc… toutes les photos sont faites au moment où y a cette lumière un peu bleue. Voilà, quand y'a plus le soleil mais quand y'a encore de la luminosité. Bah comme maintenant.
_ C'est vraiment "Into the wild", comme le film. Il est très très beau ce film. C'est un film absolument… Moi j'ai pensé à ça dès que j'les ai vues ces photos. J'ai pensé à ce film.(…) Ah il faut voir ce film. C'est un film sur d'autres valeurs de voir la vie et l'environnement et le rapport aux autres aussi.
_ Les couleurs sont magnifiques hein.
_ Le corps nu, comme ça… plongé au milieu de la ville… à  l'intérieur de la femme… c'est très sexuel ça. Avec des courbes très…
_ Quelque chose  de très… de très soumis.
_ C'est la caricature de l'homme moderne, dans la ville. Il est tout seul…


_ Ca ressemble vraiment au décor des glaciers… tu sais les glaciers des Alpes. Je pense que le mec est pas… vraiment dans les glaciers. Il est rajouté hein ?
_ Nan je pense que c'est peut être aussi une façon de créer un décalage ou une… un questionnement pour le regardeur.
_ C'est très curieux comme truc hein…
_ C'est surprenant (…), la photo est forcément trafiquée parce que…
_ Nan mais le personnage…il ne peut pas être aussi petit par rapport au reste, à l'ensemble de la photo. Moi pour moi c'est un personnage qui a été rajouté dessus. Parce que moi je les trafique mes photos, je rajoute des personnages sur mes photos. C'est super facile à faire ! Et j'lui ai demandé hein.. et il nous a dit que non.
_ Le rapport entre ce plan là et ce plan là m'interpelle moi. Parce que je me dis que c'est pas possible qu'on aie autant de détails de ce plan qui n'est quand même pas loin du personnage (…), j'me dis que c'est pas possible. Et dans toutes les photos c'est pareil.
_ C'est un grand mytho, elles sont retouchées à balle ses photos. Il dit qu'il fait juste les petites retouches classiques, mais ce qu'il entend par petites retouches classiques, c'est refaire…
_ Nan mais, en gros, ce qu'il voulait c'est qu'il agrandissait pas son corps ou qu'il le rétrécissait pas...
_ Ouais ouais ouais, nan mais il a dit… elles sont vraiment prises telles quelles j'ai juste fait quelques retouches de bases.
_ Il peut retoucher le contraste…
_ Ouais mais pas à deux cents pour cent !

_ Si y'avait pas le personnage… je trouve qu'il y a des grandes… masses neutres.
_ Moi j'adhère dans le sens où c'est toute une expo. Si j'voyais un seul tableau ça me laisserait indifférente mais de voir la série, là je trouve que c'est riche parce que c'est des situations complètement différentes et il a réussi à fabriquer une série avec un sujet.
_ Ca dénote quand même chez lui… si j'voulais l'analyser sur un plan purement psychologique ou autre, une certaine solitude chez cet individu, chez le photographe. Il est un petit peu paumé dans notre monde actuel, dans notre environnement actuel. Moi c'est ce que je ressens.
_ Moi j'adore les ciels, lui, il les élimine, alors… nulle part. Curieux hein… Il s'intéresse à la matière ou… disons là, le… je cherche le mot… le… minéral quoi. Le minéral et le végétal, y'a une opposition entre les deux là.
_ L'amour de la nature on le ressent.
_ Il faut le personnage. Sans le personnage, ça n'a guère d'intérêt… pour moi hein.
_ Le personnage noyé dans l'immensité. Voila. Une immensité un peu triste… oui c'est triste. Y'a une grande tristesse. Toute l'expo est triste. Parce que là, c'est pratiquement du monochrome hein.

_ Le cake est pas mal.



Jeudi 10 mars 2011, Vernissage de l'exposition Ruben Brulat. Galerie Confluence, Nantes.


Clément Vinette.






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