mercredi 10 décembre 2014

CHRONIQUE DU FRAC NORD PAS-DE-CALAIS



FRAC Nord Pas-de-Calais — Dunkerque






Chronique du FRAC  Nord Pas-de-Calais. 

C'est un bâtiment  intriguant, réplique exacte de son voisin, dans une version plastifiée, qui s'élève légèrement sur ce plat bord  de mer de Dunkerque. Il paraît presque aérien malgré ses cinq étages, rehaussés sur sa devanture d'une rose et lourde  citation de  Stiv Bators (Chanteur Punk Américain) installée  par Scott King. 
« L'Art est simplement la preuve d'une vie pleinement vécue. » 

Devant le bâtiment, la magie est là, ce n'est qu'une fois rentré que les
choses se gâtent. 

Le rez-de-chaussée est occupé par une exposition d'artistes italiens, intitulée Latin Lovers d'après l'œuvre de Luciano Fabro éponyme. Quelques belles pièces de ces artistes suivant la ligne de l'Arte Povera sont présentées au  spectateur dans une organisation  confuse. Un "trop" d'œuvres dans deux pièces sûrement trop  petite et des cartels "d'explication" pauvres. Première déception donc,  mais avec un peu de bonne volonté les œuvres paraissent puissantes et agréables à regarder au  cas par cas. 

C'est en montant dans les étages que le plaisir retombe, paradoxalement en crescendo, mis a part l'œuvre de Latifa Echakhch A chaque stencil une révolution, et The  Soft Shape  Room de  Matthew Darbyshire, le  reste  est, sans mauvais jeux de mots, un  VRAC. 
Une immense pièce au mur couvert de photo d'une organisation douteuse, une jaguar plantée au milieu. Les photos sont belles, notamment une série de Doisneau. Mais l' organisation et les reflets sur les cadres empêchent totalement une lecture claire de celles-ci. 
Se trouve aussi au milieu de la pièce, pas loin de la jaguar, une grande boîte en bois, cinéma à l'arrache d'une ingénieuse conception, mais dont le film projeté nous fait sérieusement douter quand au  choix de notre orientation. 
Bien sûr le tout sans l'ombre d'un cartel.. 

Enfin le dernier étage comble parfaitement l'ensemble, une gigantesque pièce nommée le Belvédère, espace magnifique, présentant deux œuvres malheureusement décevantes. 
L'André de Saâdane Afif, c'est-à-dire un  vélo. 
Et une très belle œuvre de Roman  Signer nommée Piano, dont le mécanisme ne fonctionnait malheureusement quasiment pas, frustrant. 
Le tout bien sûr sans la moindre trace d'explication.  

Ainsi le Frac Nord Pas-de-Calais dans sa volonté d'ouvrir l'Art Contemporain au grand public s'est quelque peu perdu en chemin. On se demande comment réussir à appréhender l'ensemble sans un minimum de connaissances et de bases en Art contemporain. 
Dommage car le conteneur est d'une très grande qualité, malheureusement décevant par l'ensemble du  contenu. 

Mais ce jugement est sûrement en partie altéré par la qualité des autres lieux d'art contemporain que nous avons pu visiter ailleurs dans le Nord.



Paul Gibert 





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