mardi 27 novembre 2018

Raphaël Dallaporta, Chauvet-Pont d’Arc : l’Inappropriable


Du 13.10.2018 au 06.01.2019, au CENTQUATRE-PARIS 19ème


Raphaël Dallaporta est un photographe français né en 1980, en tant que lauréat d’un concours il a pu pénétrer dans la grotte de Chauvet, site classé patrimoine de l’Unesco, où ont été découverts les premiers dessins connus de l’Humanité et dont l’accès est habituellement réservé à quelques scientifiques. Il y a réalisé des prises de vue automatisées en panorama polyédriques (planisphère simplifié en forme géométrique dont les faces sont déployées) reconstituant les volumes de la grotte. Le résultat est présenté dans une pièce sombre carrée avec une installation vidéo immersive sur grand écran, et une composition musicale de Marihiko Hara. Des séquences de mouvements très lents dans les panoramiques en noir et blanc s’enchaînent dans l’ordre de cheminement, sur fond de sons spatiaux et de nappes harmoniques.

« Une grotte nécessite d’être traitée avec une infinie retenue: comme un paysage, un espace naturel qui anime un sentiment profond de l’immémorial en nous » a dit le photographe, et l’on ressent en effet le mystère d’un tel lieu, sa puissance évocatrice et la compression du temps qu’il opère lorsque l’on observe les parois, les fresques, les formations minérales mais aussi les passerelles en métal installées par les scientifiques. Les dessins ne sont pas omniprésents dans les plans mais leur apparition fait ressurgir des questionnements profonds sur la raison même de leur existence et sur l’essence de l’Homme.
Jean-Jacques Delannoy écrit: « La lecture des paysages de la grotte offerte par les photographies de Raphaël Dallaporta permet d’effleurer ses différentes temporalités, depuis sa genèse jusqu’aux cristaux de calcite déposés à l’instant par une goutte d’eau, en passant par les traces et les oeuvres des Hommes de la préhistoire. Une des forces qu’on ressent en parcourant la grotte tient à la puissance visuelle de ses différentes histoires, si distendues dans le temps et si intimement liées dans ses paysages ».
Dallaporta nous donne à voir ce lieu sacré avec un regard presque scientifique, mais inclusif et l’on
peut prendre le temps.

E.C.
                        CACTUS_OURS-35 © Raphaël Dallaporta, Éditions Xavier Barral, 2016

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