lundi 12 novembre 2012

La Bohème au Grand Palais


Bohèmes, Grand Palais, Paris, jusqu’au 14 janvier 2013


LA BOHEME AU GRAND PALAIS

La Bohème de De Vinci à Picasso. L'exposition dont le titre me semblait évocateur, le mot bohème représentant, pour moi, un questionnement tout à fait contemporain, était présentée dans une des ailes du Grand Palais. Je monte quelques marches en marbre blanc, je passe la porte princière, chargée de dorures, pour arriver dans une magnifique salle en rotonde et payer mon droit d'entrée. (Cela coûte cher la bohème).

«Qu'est-ce que la bohème ? Qui est le bohémien, que représentait-il hier ? Que représente-t-il aujourd'hui ?» Une somme de questions que l'on pouvait se poser avant de franchir la porte de l'exposition. J'entre dans la première salle. Sombre, il y a beaucoup de monde. Un dimanche après-midi. Une vidéo est projetée : Moholy Nagy : Gross-Stadt Zigeuner. L'artiste filme une communauté tzigane du Berlin de 1930. Un homme joue du violon. Une femme prédit l'avenir. Des enfants rient en silence. Pas de son. Les images sont mouvementées. Belles mais volées lorsqu'on apprend que l'artiste n'était pas accepté par la communauté. Car c'est aussi une des questions que soulève l'exposition : la relation entre le bohémien et l'artiste.
Lazlo Moholy-Nagy, Gross-Stadt Zigeuner, 1930.
 Représentations divinisées, mystifiées ou plus réalistes du tzigane, nous traversons un grand pan de l'histoire de l'art (du XIVème au XXème siècle) pour découvrir la relation complexe qui se noue entre l'artiste et le bohème, entre admiration-divinisation romantique du représentant et condition de vie réelle du représenté. Une pluralité d'œuvres et des points de vue qui est aussi représentatif d'un imaginaire collectif en continuel "évolution". L'exposition devant aussi révéler la relation aléatoire qui se joue entre communauté tzigane et société occidentale. Je m'arrête devant la Rencontre de Courbet.

La Rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet, Gustave Courbet 1854.
Tandis que Victor Hugo crée la belle Esmeralda et que Courbet se représente en bohémien, L'exposition présente peu d'œuvres nous écartant de l'image d'Epinal du tzigane. Dans cet «amas» de tableaux divinisés, d'une grande beauté technique et picturale, je m'arrête cependant devant le tableau d'un jeune peintre du XIXème siècle. Un tzigane tend un violon cassé à un juge. Son instrument a été détruit par un fils de paysan.

Coline Gilbert.

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