vendredi 14 janvier 2011

TRANS-FORME

TRANS-FORME
Moebius
Fondation Cartier (Paris)
12 octobre 2010 - 13 mars 2011

Il y a quelque chose de fou ici, quelque chose de follement contrôlé. Peut être est-ce l’idée d’un univers entièrement matérialisé par l’expérience déraisonnée du rêve ?

En proie à toutes les angoisses de l’abstraction ; il erre dans ses mondes artificiels de papier et d’équations, sujet aux métamorphoses. Et alors que le vide infini s’ouvre sur la transfiguration spirituelle de L’Incal, la simplicité du dessin apparaît. Tout y est réuni, en transe, pour formaliser la réalité rêvée du monde. Formaliser l’expérience du moi extériorisé. Nos quotients oniriques, décuplés par l’ultra-fluidité des cristaux se peuplent de particules virtuelles. C’est imminent. La face bis du Désert B entre en fluctuation. Le ciel se terrifie. Le temps se réifie.
Le chant du sorcier souffle un amour éventrant. Les Sept directions se matérialisent en torrents de couleurs et de traits foisonnant sur le blanc du papier. Les substances à rêver ne sont plus que des illusions perdues sur une terre aléatoire évaporée. Le désert en musée se travestit, tandis que ses formes s’exposent à notre inconscient. On se défausse de penser, se laissant guider par le rythme effréné des pages griffonnées. Il est des figures que l’on peut compter sur les doigts de celles qui nous sont contées. Il est une musique schizophrénique qui raisonne sur l’horizon. Il est une science démesurée dans l’épaisseur d’un cheveu d’encre glissé sur une page de BD.

Ely Bessis

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